Pratique

Capital décès de la Sécurité sociale : qui le reçoit ?

Quand un salarié décède, l'Assurance maladie verse à ses proches un capital forfaitaire de 4 009 €. Mais ce capital n'est pas automatique : il dépend de la situation du défunt dans les trois mois précédant le décès, il obéit à un ordre de priorité strict, et il ne concerne pas les retraités. Le point complet.

Mis à jour le 19 octobre 2026 · Lecture 7 min

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Le « capital décès » est l'une des rares aides publiques versées aux proches après un décès. Son nom prête à confusion : il ne s'agit ni d'une assurance décès privée, ni d'une aide destinée spécifiquement aux obsèques. C'est une prestation de la Sécurité sociale, réservée à certains profils et à certains bénéficiaires. Avant de compter dessus pour régler les funérailles, mieux vaut vérifier qu'il sera bien dû — et à qui.

Un montant forfaitaire de 4 009 €

Pour le décès d'un salarié du secteur privé, le capital décès est forfaitaire : 4 009 € selon le montant affiché par service-public.fr (fiche vérifiée au 1er avril 2026). Il est identique quel que soit le salaire du défunt et il est revalorisé périodiquement.

  • il n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales ;
  • il se cumule avec d'autres prestations, comme une pension de réversion ;
  • il est versé par la CPAM (ou la MSA pour les salariés agricoles) dont dépendait le défunt.

Ce montant couvre une partie du budget des funérailles, qui se situe le plus souvent entre 4 000 et 5 000 € pour une crémation ou une inhumation simple — le détail figure dans notre article combien coûtent des obsèques en France.

Les conditions liées au défunt

Le droit au capital décès ne dépend pas des proches, mais de la situation du défunt dans les trois mois qui ont précédé son décès. Il devait alors être dans l'une de ces situations :

  • salarié ;
  • demandeur d'emploi indemnisé ;
  • en arrêt de travail indemnisé (maladie, maternité, accident du travail, maladie professionnelle) ;
  • titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle correspondant à une incapacité d'au moins 66,66 % ;
  • titulaire d'une pension d'invalidité.

Le capital peut aussi être versé lorsque le défunt bénéficiait encore d'un maintien de droits, par exemple peu après la fin de son contrat de travail.

Le cas qui surprend le plus — Un retraité n'ouvre pas droit au capital décès du régime général : il n'est plus dans l'une des situations listées ci-dessus. C'est pourtant à l'âge de la retraite que surviennent la grande majorité des décès.

Qui reçoit le capital ? L'ordre de priorité

La loi organise deux niveaux de bénéficiaires.

1. Les bénéficiaires prioritaires

Ce sont les personnes qui étaient, au jour du décès, à la charge effective, totale et permanente du défunt — typiquement un conjoint sans activité professionnelle ou un enfant à charge. Entre elles, l'ordre de préférence est le suivant : conjoint ou partenaire de Pacs, puis enfants, puis ascendants. Les bénéficiaires d'un même rang se partagent le capital.

2. Les autres bénéficiaires

Si aucun bénéficiaire prioritaire n'a fait la demande dans le mois qui suit le décès, le capital revient, dans cet ordre, au conjoint non séparé ou au partenaire de Pacs, puis aux descendants, puis aux ascendants.

Situation du demandeurDélai pour demander
Bénéficiaire prioritaire (à charge du défunt)1 mois à compter du décès pour conserver sa priorité
Prioritaire qui demande après un moisDemande possible, mais la priorité est perdue
Autre bénéficiaire (conjoint, enfants, parents)2 ans à compter du décès

Ce mécanisme a une conséquence pratique : le capital n'est pas forcément versé à la personne qui a payé les obsèques. Un enfant qui a avancé les frais n'a aucun droit particulier sur le capital si un conjoint survivant le réclame.

Comment faire la demande

La demande se fait au moyen du formulaire cerfa « Demande de capital décès », adressé à la caisse dont dépendait le défunt. La notice du formulaire liste les pièces justificatives, notamment l'acte de décès et les justificatifs de la qualité de bénéficiaire (livret de famille, attestation de Pacs, justificatif de charge pour un bénéficiaire prioritaire).

L'Assurance maladie peut aussi informer elle-même les proches qu'elle a identifiés. Ne comptez pas sur ce courrier : déposez la demande dès que possible, surtout si vous êtes bénéficiaire prioritaire et que le délai d'un mois court.

Indépendants, fonctionnaires, retraités : d'autres règles

Le montant de 4 009 € concerne les salariés du régime général. Les autres situations obéissent à des règles propres :

  • travailleurs indépendants : un capital décès existe, mais son montant et ses conditions sont fixés selon leur régime ; il faut interroger la caisse du défunt ;
  • fonctionnaires : le capital décès relève de l'employeur public et obéit à des règles statutaires distinctes ;
  • retraités du régime général : pas de capital décès, mais la personne qui a payé les obsèques peut obtenir le remboursement des frais sur les sommes encore dues par la Cnav au défunt, dans la limite de 2 286,74 €.

Ce qu'il faut en retenir pour financer des obsèques

Le capital décès est une aide utile, mais il ne règle pas la question du financement des funérailles :

  • il est versé après coup, une fois la demande instruite, alors que la pompe funèbre demande souvent un acompte ;
  • il n'est pas fléché vers les obsèques : il va au bénéficiaire prévu par la loi, qui n'est pas toujours l'organisateur ;
  • il ne concerne pas les retraités, c'est-à-dire la majorité des défunts.

Deux leviers existent en attendant : la banque du défunt peut régler la facture des obsèques sur ses comptes, dans la limite de 5 965 € (voir notre article frais d'obsèques et impôts), et une assurance obsèques permet d'affecter à l'avance un capital à ses propres funérailles, versé sur simple présentation de l'acte de décès et de la facture. Pour savoir ce que coûte cette précaution selon votre âge, consultez notre page prix d'une assurance obsèques.

Sources : service-public.fr, fiches « Capital décès d'un salarié du secteur privé » et « Crémation » (remboursement Cnav), montants affichés en 2026.

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